
N° 148
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
Pour freiner l’évasion commerciale et maintenir un tissu d’activités intra muros, les communes adoptent une stratégie plus interventionniste. La CCI les aide.

A Hermanville-sur-Mer, l’aménagement de la
place centrale
a fait l’objet d’une concertation
entre élus et commerçants.
« Le dernier commerce qui ferme et c’est la commune qui meurt. » Le refrain est connu, pas démodé. L’heure est à la « périphérisation » des activités. Partout se redessinent les pôles commerciaux, de nouvelles formes de commerce émergent et la périurbanisation ramène en zone rurale de nouveaux habitants venus de la ville. Les élus doivent donc anticiper, pour créer de bonnes conditions d’implantation et de maintien, dans la mesure de leurs moyens. « Nous avons de plus en plus un rôle de médiateur auprès des maires et des commerçants sur ces problématiques de maintien ou de développement commercial dans les centres, convient Laurent Moquet, Conseiller Technique au Commerce à la CCI. Les uns et les autres ont des responsabilités complémentaires, mais ne parviennent pas toujours à se comprendre. Je propose aux élus d’être plus à l’écoute des commerçants et j’aide ces derniers à s’organiser pour prendre des initiatives constructives, car les pouvoirs du maire restent limités ». Il est important que les commerçants s’impliquent dans les commissions municipales et que les maires rencontrent les commerçants.
Appui à la décision Le rôle d’appui des CCI vise à fournir aux élus des éléments de choix, pour leur permettre de bien identifier les besoins commerciaux. « Une sorte d’outil d’aide à la décision, à travers les études, enquêtes et autres perspectives que la CCI peut donner », résume Laurent Moquet. L’attractivité d’un centre repose sur l’offre commerciale et les aménagements urbains. Les deux sont liés. Des vitrines et des parkings. Des étals et des trottoirs fleuris. Dans le cadre du FISAC (Fonds d’Intervention pour les Services, l’Artisanat et le Commerce), la CCI propose un accompagnement des communes sur des opérations collectives et individuelles. « Qu’il s’agisse d’aménager un centre bourg pour faciliter le stationnement ou développer les surfaces piétonnières, ou de maintenir le dernier commerce, voire d’en recréer un, nous intervenons sur l’aide aux montages de dossier ou des études de potentiel », détaille Laurent Moquet. Plus simplement, il suffit parfois de quelques bonnes idées, souvent piochées chez d’autres. Pour promouvoir ses commerçants, Courseulles a édité un livre de photos, l’association des commerçants de Thury-Harcourt a sorti un livret présentant tous ses métiers, la Côte de Nacre a recruté un animateur commercial et propose un chéquier avantage, Bayeux fait travailler ensemble hypermarchés et commerces de centre ville… L’attractivité ne se décrète pas ; elle se gagne. La CCI est une boîte à idées et à outils. A utiliser sans modération !
Que peut faire le maire ? Si leurs pouvoirs ne sont pas illimités, les communes ont toutefois une marge de manoeuvre sur le développement commercial de leurs centres. Ce sont elles qui décident de l’organisation de la circulation et des flux, de la modernisation du centre-ville (aménagement d’un centre bourg, parc de stationnements), du développement des zones commerciales et artisanales, de l’organisation du marché non sédentaire, de la signalétique commerciale et d’entrée de ville. Elles soutiennent, financièrement et logistiquement, les associations de commerçants et le comité des fêtes et assurent ainsi la promotion de la ville et de ses forces. Elles disposent d’une voix à la Commission Départementale d’Equipement Commercial (CDEC) qui donne son avis sur toute création ou extension de magasin. Enfin, depuis la loi Raffarin sur l’urbanisme commercial, elles peuvent exercer leur droit de préemption sur les fonds de commerce et les baux commerciaux, à condition de délimiter, au préalable, un périmètre de sauvegarde à l’intérieur duquel peut s’exercer ce droit et de réaliser une analyse du commerce et de l’artisanat situé dans ce périmètre.
Contact CCI :
Laurent Moquet
Tél. 02 31 54 55 73 ou
lmoquet@caen.cci.fr
JANVIER 2012
EN FEVRIER
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier