
N° 148
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
Les communes ont désormais le droit d’exercer un droit de préemption lors de la cession d’un fonds de commerce. Le 10 juin, une réunion d’information organisée par la CCI de Caen a permis de faire le point sur cette nouveauté.

L’objectif du récent décret mettant
en application un droit
de préemption des communes
sur les fonds de commerce*
est clair : « préserver une
offre commerciale diversifiée
dans les centres-villes et les
quartiers animés ». Concrètement,
un maire qui voudra
conserver un commerce de bouche
dans sa rue principale, plutôt
que de voir s’installer une enseigne
non commerciale, pourra
exercer son droit de préemption.
Sous réserve, bien sûr, d’avoir
satisfait à certaines obligations
au préalable. A commencer par
l’obligation d’avoir défini précisément
le périmètre sur lequel la
commune pourra préempter.
De son côté, le commerçant situé
dans ce périmètre doit déclarer son
intention de céder son fonds en
mairie avant toute mise en vente.
La CCI de Caen et la Chambre de
Métiers et de l’Artisanat du Calvados,
quant à elles, rendent systématiquement
un avis sur le choix
du périmètre de préemption arrêté
par la commune. Cet avis est émis
au regard d’un diagnostic porté par
le service « Informations et analyses économiques » de la Chambre de
Commerce et d’Industrie de Caen.
Pour les communes comme pour
les commerçants, la CCI devient le
partenaire incontournable de tout
projet de préemption commerciale.
* également sur les fonds artisanaux et les baux commerciaux.
Contact CCI :
Benjamin Crikelaire
02 31 54 55 50 ou
bcricklaire@caen.cci.fr
« Un équilibre à trouver entre l’intérêt général et celui du commerçant »

Dominique Moreno, Sous-Directrice du département de droit public et économique à la CCI de Paris
Que se passe-t-il si l’avis rendu
par la CCI sur une demande de
préemption est négatif ?
Cet avis est purement consultatif.
La commune n’est pas obligée de le
suivre si elle le souhaite. Ceci étant,
le maire a tout intérêt à faire de la
CCI un partenaire sur ce type de dossier.
La CCI possède une connaissance
fine de la situation et des enjeux des
commerces de centre-ville.
La logique de préemption est-elle
plus facile à mettre en oeuvre
pour une ville que pour une petite
commune ?
Non, la problématique est la même. Il
y a toujours un budget large à prévoir
pour la commune. Celui-ci doit également
inclure les risques contentieux.
Plus le périmètre est étendu, plus le
budget sera important. C’est pourquoi
il est important de ne faire porter le
droit de préemption que sur des zones
stratégiques ciblées : là où des menaces
peuvent peser sur la diversité
commerciale. Quitte à faire plusieurs
périmètres. Les périmètres larges sont
très fragiles au contentieux.
La préemption n’est pas forcément
une bonne opération pour le commerçant
qui cède son fonds…
Effectivement, le produit de la vente
du fonds constitue souvent le capital
retraite du commerçant. Si le prix
proposé par la commune n’est pas
conforme à ses souhaits, il a la possibilité
de contester et de faire appel
devant le juge de l’expropriation. Il
y a un subtil équilibre à trouver entre
l’intérêt général de sauvegarde
de la diversité commerciale et celui
du commerçant. Attention aussi à
bien faire sa déclaration préalable
si le commerce est situé dans un
périmètre où la commune a fait valoir
son droit de préemption. Dans
le cas contraire, la vente peut être
annulée pendant 5 ans. La CCI est le
meilleur interlocuteur pour informer
le commerçant et, le cas échéant,
faire comprendre aux communes la
position du professionnel qui cède
son fonds.
JANVIER 2012
EN FEVRIER
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier