Janvier 2012

N° 148

Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie

Tourisme

Soir de débarque à Port-en-Bessin
n° 125 / Octobre 2009

Le contexte économique morose et le pessimisme ambiant n’ont pas gâché l’été. Après un mois de mai et de juin particulièrement bons – eff et « 65e » oblige – la haute saison aura finalement elle aussi tenu ses promesses. Explications.

21h. Port-en-Bessin. Alors que la nuit tombe et que les chalutiers arrivent au gré de la marée haute, le quai de débarque connaît une activité intense. Roulent les mâts de charge, tanguent les caisses remplies de poisson frais : dorades, tacauds, roussettes, grondins, sèches et, dès octobre, coquilles Saint-Jacques. Avec 6700 tonnes de poissons débarqués en 2008, Port-en-Bessin est le premier port de pêche artisanale du Calvados et le 3e normand. Deux fois par mois, le mardi soir, la CCI, gestionnaire des équipements, ouvre les portes au public pour une visite guidée des 2800 m² de locaux : quai de débarque, plateformes de tri, salle des ventes, salle des patrons, plateforme d’expédition et chambres froides, locaux techniques. « La criée est un lieu important dans le circuit du poisson, explique Aurore Lecollier-Kwamdee, guide-médiateur de la ville de Port-en-Bessin. C’est le lieu de la vente publique aux enchères, qui va ouvrir la longue chaîne de commercialisation du poisson ». Les hommes portent, les femmes trient La débarque a lieu tous les soirs de la semaine, sauf les vendredis et samedis et suit un protocole identique depuis l’inauguration de la criée en 1974. Les hommes portent les caisses, les femmes trient le poisson à l’intérieur. Autour de la table de tri, chaudement vêtues et les mains dans la glace, elles classent avec célérité les produits par espèce, taille et qualité pour constituer les lots de vente qui seront pesés et étiquetés. « Leur savoir-faire unique permet au bateau de vendre sa pêche dans les meilleures conditions », vante Aurore Lecollier-Kwamdee.
La coopérative Copéport constitue les équipes de tri dans la journée, en fonction du nombre de bateaux annoncés. Port-en-Bessin abrite encore une trentaine de bateaux, dont 9 chalutiers côtiers, mais la criée peut accueillir à la débarque n’importe quelle embarcation. Les opérations ne se terminent qu’au petit matin. Il faut alors éditer le catalogue de la vente du jour qui recense tous les lots. Depuis 1989, l’informatique a remplacé la vente à la criée et près de la moitié des mareyeurs passe commande à distance. La vente est dite « descendante » : le prix décroît, sans jamais descendre au-dessous du « prix de retrait » fixé par Bruxelles. Le produit sera alors congelé et vendu transformé. « C’est une garantie pour les pêcheurs de vendre leur marchandise », ponctue l’animatrice. Après
sa vente, le poisson quitte le quai pour parvenir jusqu’aux ateliers de transformation des mareyeurs (filetage, pelage, décorticage, conditionnement), avant d’être expédié aux quatre coins de l’Hexagone. Ainsi la coquille de Baie de Seine débarquée à Port-en-Bessin se retrouvera sur une table parisienne.


Pratique
Visite guidée de la criée, un mardi soir par quinzaine. Fin de visite vers 23h. Contacter le centre culturel L.S. Senghor au
02 31 21 92 33 ou visites.portenbessin@wanadoo.fr
Le centre propose également des visites des entreprises de mareyage de Port-en-Bessin.

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