
N° 148
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
LA SAUVEGARDE ou la recherche du redressement du débiteur.
Procédure de redressement judiciaire anticipé, inspiré du mythique « chapter XI » de la Loi américaine.
Souvent présentée comme un dispositif
essentiel de la Loi du 26 Juillet 2005 à qui elle a donné son nom, la
SAUVEGARDE est l’instrument mis en
oeuvre pour limiter les trop nombreuses
liquidations judiciaires et anticiper les
solutions évitant le dépôt de bilan.
Cette préoccupation du législateur
d’inciter le chef d’entreprise à pousser
la porte du Tribunal de Commerce
(TC) n’est pas nouvelle. Malgré des
exemples très médiatiques comme
Eurotunnel, Libération, la Sauvegarde
n’a pas eu le succès escompté. Cette
procédure récemment toilettée se veut
légère et incitative et s’impose en cas
de difficultés financières structurelles
qui ne peuvent être maîtrisées grâce
aux seules concessions volontaires des
principaux créanciers.
Se mettre sous la protection de la
Justice… Tout en restant chef dans son
entreprise.
. QUAND et COMMENT faire la
demande ?
Ouverte à la seule initiative du dirigeant
lorsqu’il se trouve confronté à des
difficultés qu’il n’est pas en mesure
de surmonter, elle doit mener à
l’élaboration d’un PLAN de sauvegarde permettant de réorganiser l’entreprise,
de poursuivre l’activité économique,
maintenir l’emploi et apurer le passif et
d’éviter le dépôt de bilan.
L’entreprise ne doit pas être en état
de cessation des paiements - CP (le
chef d’entreprise qui peut apporter la
preuve d’un moratoire ou d’une ligne
de crédit n’est pas en CP). Le dirigeant
peut proposer l’Administrateur de son
choix (facultatif en deçà de 3 millions
d’euros de CA et 20 salariés).
. PROCEDURE :
Est ouverte par un jugement du Tribunal
et démarre par une période d’observation
de six (6) mois, renouvelable
une fois + 6 mois à la demande du
Parquet. Le dirigeant établit à l’intention
de l’Administrateur :
- un inventaire des actifs (de son patrimoine
et des garanties qui le grèvent)
soumis à certification du Commissaire
aux Comptes ou attesté par l’expert-comptable,
- la liste des créanciers, du montant
des dettes, des principaux contrats en
cours et des éventuelles procédures.
Ces éléments vont permettre de dresser
un bilan économique social et environnemental
de l’entreprise nécessaire à
l’élaboration du plan de sauvegarde.
Le PROJET de Plan, préparé par le dirigeant
et l’administrateur, examine les
perspectives de redressement, les possibilités
et modalités d’activités, l’état du
marché, les moyens de financement, les
modalités de règlement du passif et les
garanties à souscrire. Il est proposé aux
comités de créanciers et, s’il est adopté,
le tribunal arrête ce plan.
Il est à noter que le tribunal ne peut
pas soumettre l’adoption du plan à
l’éviction du dirigeant, ni à la cession
forcée de ses parts – ce qui devrait rassurer
le dirigeant et l’inciter à se tourner
vers cette procédure. Celle-ci a le mérite de suspendre les actions contre les
cautions pendant la durée du plan et
de permettre l’avance des salaires par
les AGS. En outre, levée de l’interdiction
d’émettre des chèques de plein droit.
Il est toutefois soumis à publicité dans
un Journal d’Annonces Légales.
Si le plan de sauvegarde n’est pas tenu,
il est toujours possible de demander
l’ouverture d’une procédure de redressement
judiciaire.
Le créancier qui n’a pas déclaré sa
créance en temps utile conserve le droit
d’agir en paiement non seulementà l’encontre des garants personnes
morales, mais également à l’encontre
des garants personnes physiques,
après l’exécution correcte du plan
dans le cadre de cette procédure, et
dès le jugement adoptant le plan dans
le cadre d’un redressement judiciaire
(Ordonnance du 18 Décembre 2008
/ art.L.622-26, alinéa 2, du Code de
Commerce).
. AVANTAGES majeurs : pour l’entreprise
la possibilité de geler le passif ;
le financement des licenciements par
les AGS (Association de Garantie des
Salaires)
la suspension des cautions des personnes
physiques (art.L622-28 du Code de
Commerce).
Pendant toute la durée du PLAN.
Mais CONTREPARTIE : la perte de
confidentialité (jugement mentionné
au RCS)
. SANCTIONS : civiles, pénales, patrimoniales
: Néant.
Contact CCI :
Evelyne Sauvage
Tél. : 02 31 54 55 69 ou
esauvage@caen.cci.fr
ENTREPRISES
. Cercle Entreprendre
. Stage 5 jours pour entreprendre
. Document unique d’évaluation des risques
JANVIER 2012
EN FEVRIER
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier