Janvier 2012

N° 148

Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie

Enquête

L’automobile régionale face à une conjoncture dégradée
n° 120 / Mars 2009

La crise mondiale n’épargne pas la Basse-Normandie

Le 26 janvier dernier, toute la filière automobile régionale était réunie à Caen, dans les locaux de la Préfecture de Région. La crise mondiale n’est pas sans conséquences sur la Basse-Normandie. Grands groupes, soustraitants et PME font face. Non sans difficultés.

 

Avec plus 34 000 emplois directs, la filière automobile bas-normande est déjà impactée :
600 suppressions d’emplois sont annoncées à ce jour pour 2009.

Autour de Christian Leyrit, Préfet de la Région Basse-Normandie, Préfet du Calvados, Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie, et Michel Barry, représentant de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM), plus de 80 acteurs de la filière automobile des trois départements ont fait le déplacement à la Préfecture de Région. A l’ordre du jour, la crise dans le secteur automobile. Chefs d’entreprise, syndicalistes, fonctionnaires, élus locaux veulent faire le point. Car la Basse-Normandie est touchée. Avec plus de 34 000 emplois directs, elle est l’une des 5 régions où la filière est la plus présente. On y compte pas moins de 24 000 emplois industriels (24 % chez les constructeurs, 60 % chez les équipementiers, 16 % chez les sous-traitants) et 10 000 emplois dans la distribution (1). Sans oublier un important potentiel de recherche avec le pôle de compétitivité Movéo soutenu par l’Etat et la Région. « Il est nécessaire d’avoir une unité d’action de tous les acteurs, Etat, collectivités et professionnels, pour que les entreprises saines puissent survivre », a souligné Christian Leyrit.
Or, au dernier trimestre 2008, la conjoncture du secteur s’est dégradée avec une importante baisse des carnets de commande. Et les mauvais signes s’ajoutent les uns aux autres : forte baisse de l’emploi intérimaire entre octobre 2007 et octobre 2008, une baisse qui se poursuit depuis (il y avait 1 500 emplois intérimaires en octobre 2007) ; augmentation de 47 % des nouvelles inscriptions à l’ANPE entre les 5 derniers mois connus de 2008 (juillet à novembre) et les 5 mois comparables de 2007, soit 771 demandeurs d’emplois à fin novembre 2008 (majoritairement non renouvellement de CDD et des intérimaires) ; importance du chômage partiel avec 109 000 journées chômées réparties sur 11 000 salariés déjà programmées pour début 2009 ; enfin, 600 suppressions d’emplois annoncées à ce jour pour 2009.
« Dans ces situations, il est important de dialoguer. C’est certes modeste mais nous allons faire du sur-mesure », a précisé Laurent Beauvais. « Les entreprises sont venues dans cette période délicate afin d’exprimer leurs attentes. Il y a énormément d’incertitudes. Il faut établir les premières priorités et éviter que certaines entreprises ne sombrent », a indiqué Michel Barry, par ailleurs directeur du site blainvillais de Renault Trucks. Outre les efforts de l’Etat (lire ci-dessous) et de la Région (11 millions d’euros supplémentaires au plan d’urgence et de soutien aux entreprises basnormandes), les deux partenaires ont décidé de se mobiliser ensemble pour aider la filière automobile bas-normande à préparer l’avenir.
En juillet dernier, au niveau national, l’Etat, l’UIMM et quatre organisations syndicales de salariés ont signé une charte automobile de coopération pour le soutien et l’accompagnement des entreprises du secteur et de leurs salariés. La charte a pour finalité d’encourager et de faciliter la mobilisation concertée des acteurs du secteur automobile et d’optimiser les investissements financiers mobilisés par les entreprises, les OPCA (organismes collecteurs) ou les aides apportées par l’Etat ou les collectivités régionales ou locales. Cette charte définit les modalités de concertations, d’actions et de financements. Elle prévoit l’installation, dans chacune des régions, l’installation d’un Comité territorial composé des signataires de la charte, de la Région et des partenaires concernés par le secteur automobile. Le document prend toute sa valeur aujourd’hui. Localement, le Comité territorial sera installé en Basse-Normandie d’ici peu et définira les actions communes choisies en fonction des besoins régionaux identifiés. Le programme Pro-Car (lire ci-dessous) devrait ainsi être mis en oeuvre afin d’améliorer la compétitivité des entreprises régionales.

(1) En 2008, 37 358 véhicules neufs ont été immatriculés dans la région, soit + 2 % par rapportà 2007 (- 0,7 % au niveau national, - 7,8 % au niveau européen).


Contact CCI :
Fabrice Royer
au 02 31 54 55 92 ou froyer@caen.cci.fr

 

Réunion des acteurs de la filière automobile, le 26 janvier dernier, autour de Christian Leyrit, Préfet de la
Région Basse-Normandie, Préfet du Calvados, Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie, et
Michel Barry, représentant de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM).

 

Un programme régional pour améliorer la compétitivité

Le 26 janvier dernier, les différents acteurs de la filière automobile réunis en Préfecture l’ont évoqué. Le 4 février, lors d’une réunion de l’Association Régionale de l’Industrie Automobile (ARIA), il a de nouveau été question de lui. Pro-Car est en fait un programme pour améliorer la compétitivité de l’automobile dans la région. L’idée est de proposer une offre à destination des 200 PME de la filière automobile. Différents axes sont à l’étude. Le programme définitif devrait être adopté et détaillé dans le courant de ce mois de mars.

 

Un plan national de 7,8 milliards d’euros pour l’automobile

Le 9 février dernier, le Chef de l’Etat a dévoilé le nouveau plan d’aide au secteur automobile (après des premières mesures rendues publiques en décembre dernier). Ce dernier représente, en France, 10 % de l’emploi salarié du pays. Cette fois, en contrepartie d’une aide massive (7,8 milliards d’euros dont un prêt de 6 milliards d’euros aux deux constructeurs, Renault et PSA), le Président de la République a exigé des constructeurs automobiles des engagements en termes d’emplois. Renault et PSA s’engagent ainsi à ne pas licencier ni fermer d’usine et à modérer leurs dividendes, ainsi que la rémunération de leurs dirigeants. Le 10 au soir, on apprenait que le groupe suédois AB Volvo avait, de son côté, dédaigné l’aide de Paris (un prêt de 500 millions d’euros) pour sa filiale, Renault Trucks.

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