
N° 148
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
La crise mondiale n’épargne pas la Basse-Normandie
Le 26 janvier dernier, toute la filière automobile régionale était réunie à Caen, dans les locaux de la Préfecture de Région. La crise mondiale n’est pas sans conséquences sur la Basse-Normandie. Grands groupes, soustraitants et PME font face. Non sans difficultés.

Avec plus 34 000 emplois directs, la filière automobile bas-normande est déjà impactée :
600 suppressions d’emplois sont annoncées à ce jour pour 2009.
Autour de Christian Leyrit, Préfet de la
Région Basse-Normandie, Préfet du
Calvados, Laurent Beauvais, Président
de la Région Basse-Normandie, et
Michel Barry, représentant de l’Union
des Industries et Métiers de la Métallurgie
(UIMM), plus de 80 acteurs de la
filière automobile des trois départements
ont fait le déplacement à la Préfecture de
Région. A l’ordre du jour, la crise dans le
secteur automobile. Chefs d’entreprise,
syndicalistes, fonctionnaires, élus locaux
veulent faire le point. Car la Basse-Normandie est touchée. Avec plus de
34 000 emplois directs, elle est l’une
des 5 régions où la filière est la plus
présente. On y compte pas moins de
24 000 emplois industriels (24 % chez
les constructeurs, 60 % chez les équipementiers,
16 % chez les sous-traitants) et
10 000 emplois dans la distribution (1).
Sans oublier un important potentiel de
recherche avec le pôle de compétitivité
Movéo soutenu par l’Etat et la Région. « Il est nécessaire d’avoir une unité
d’action de tous les acteurs, Etat, collectivités
et professionnels, pour que les
entreprises saines puissent survivre »,
a souligné Christian Leyrit.
Or, au dernier trimestre 2008, la conjoncture
du secteur s’est dégradée avec une
importante baisse des carnets de commande.
Et les mauvais signes s’ajoutent
les uns aux autres : forte baisse de l’emploi
intérimaire entre octobre 2007 et
octobre 2008, une baisse qui se poursuit
depuis (il y avait 1 500 emplois intérimaires
en octobre 2007) ; augmentation de
47 % des nouvelles inscriptions à l’ANPE
entre les 5 derniers mois connus de 2008
(juillet à novembre) et les 5 mois comparables
de 2007, soit 771 demandeurs
d’emplois à fin novembre 2008 (majoritairement
non renouvellement de
CDD et des intérimaires) ; importance du
chômage partiel avec 109 000 journées
chômées réparties sur 11 000 salariés
déjà programmées pour début 2009 ;
enfin, 600 suppressions d’emplois annoncées à ce jour pour 2009.
« Dans ces situations, il est important
de dialoguer. C’est certes modeste mais
nous allons faire du sur-mesure », a
précisé Laurent Beauvais. « Les entreprises
sont venues dans cette période
délicate afin d’exprimer leurs attentes.
Il y a énormément d’incertitudes. Il faut établir les premières priorités et éviter
que certaines entreprises ne sombrent »,
a indiqué Michel Barry, par ailleurs directeur
du site blainvillais de Renault
Trucks. Outre les efforts de l’Etat (lire
ci-dessous) et de la Région (11 millions
d’euros supplémentaires au plan d’urgence
et de soutien aux entreprises basnormandes),
les deux partenaires ont
décidé de se mobiliser ensemble pour
aider la filière automobile bas-normande à préparer l’avenir.
En juillet dernier, au niveau national,
l’Etat, l’UIMM et quatre organisations
syndicales de salariés ont signé une
charte automobile de coopération pour
le soutien et l’accompagnement des entreprises du secteur et de leurs salariés.
La charte a pour finalité d’encourager et
de faciliter la mobilisation concertée des
acteurs du secteur automobile et d’optimiser
les investissements financiers
mobilisés par les entreprises, les OPCA
(organismes collecteurs) ou les aides
apportées par l’Etat ou les collectivités
régionales ou locales. Cette charte définit
les modalités de concertations, d’actions
et de financements. Elle prévoit
l’installation, dans chacune des régions,
l’installation d’un Comité territorial
composé des signataires de la charte,
de la Région et des partenaires concernés
par le secteur automobile. Le
document prend toute sa valeur
aujourd’hui. Localement, le Comité territorial
sera installé en Basse-Normandie
d’ici peu et définira les actions communes
choisies en fonction des besoins
régionaux identifiés. Le programme
Pro-Car (lire ci-dessous) devrait ainsi être mis en oeuvre afin d’améliorer la
compétitivité des entreprises régionales.
(1) En 2008, 37 358 véhicules neufs ont été immatriculés
dans la région, soit + 2 % par rapportà 2007 (- 0,7 % au niveau national, - 7,8 % au
niveau européen).
Contact CCI :
Fabrice Royer
au 02 31 54 55 92 ou
froyer@caen.cci.fr

Réunion des acteurs de la filière automobile, le 26
janvier dernier, autour de Christian Leyrit, Préfet de la
Région Basse-Normandie, Préfet du Calvados, Laurent
Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie, et
Michel Barry, représentant de l’Union des Industries et
Métiers de la Métallurgie (UIMM).
Un programme régional pour améliorer la compétitivité
Le 26 janvier dernier, les différents acteurs de la filière automobile réunis en Préfecture l’ont évoqué. Le 4 février, lors d’une réunion de l’Association Régionale de l’Industrie Automobile (ARIA), il a de nouveau été question de lui. Pro-Car est en fait un programme pour améliorer la compétitivité de l’automobile dans la région. L’idée est de proposer une offre à destination des 200 PME de la filière automobile. Différents axes sont à l’étude. Le programme définitif devrait être adopté et détaillé dans le courant de ce mois de mars.
Un plan national de 7,8 milliards d’euros pour l’automobile
Le 9 février dernier, le Chef de l’Etat a dévoilé le nouveau plan d’aide au secteur automobile (après des premières mesures rendues publiques en décembre dernier). Ce dernier représente, en France, 10 % de l’emploi salarié du pays. Cette fois, en contrepartie d’une aide massive (7,8 milliards d’euros dont un prêt de 6 milliards d’euros aux deux constructeurs, Renault et PSA), le Président de la République a exigé des constructeurs automobiles des engagements en termes d’emplois. Renault et PSA s’engagent ainsi à ne pas licencier ni fermer d’usine et à modérer leurs dividendes, ainsi que la rémunération de leurs dirigeants. Le 10 au soir, on apprenait que le groupe suédois AB Volvo avait, de son côté, dédaigné l’aide de Paris (un prêt de 500 millions d’euros) pour sa filiale, Renault Trucks.
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JANVIER 2012
EN FEVRIER
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier