
N° 151
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
Paradoxale : l’adjectif est sans doute celui qui caractérise le mieux la zone de chalandise de Falaise. Car si le nombre d’habitants augmente, en même temps que leurs capacités financières, le territoire continue à souffrir d’un sous-équipement et d’une évasion de ses consommateurs vers l’agglomération caennaise. Analyse.

D’un côté, le territoire de Falaise affiche une dynamique démographique positive, avec une évolution de sa population supérieure aux moyennes nationales, régionales et départementales. Sans parler de rajeunissement, il est aussi l’un des seuls à voir la proportion des moins de 15 ans augmenter. « La zone d’attractivité de Falaise bénéficie de l’arrivée de jeunes ménages, attirés par les prix du foncier », note Benjamin Crikelaire, responsable du service informations et analyses économiques à la CCI, qui a mené, début 2010, une étude sur la zone d’attractivité commerciale de Falaise. Par ailleurs, ses consommateurs disposent aussi de taux de revenus et d’épargne supérieurs au niveau national.
Une demande et une offre en
décalage
Pourtant, la zone d’attractivité falaisienne
affiche, en terme de consommation, une faible
densité. Elle compte ainsi 36 000 consommateurs,
contre 47 000 à Bayeux par exemple.« Il y a peu de liens entre les habitants et leur
territoire », constate l’analyste. Le nombre de
commerces (3,3 pour 1000 habitants), les surfaces
de vente (921 m2 pour 1000 habitants) ou
encore le chiffre d’affaires (3 157 euros par an
et par consommateur) y sont aussi moindres
que dans des zones de taille comparable.
La proximité, à la fois
atout et inconvénient
Un sous-équipement commercial qui s’explique « par la proximité avec l’agglomération
caennaise », note Benjamin Crikelaire.
L’ A88, qui participe à l’attractivité du territoire,
comme l’interaction domicile/travail,
amplifient également l’évasion des consommateurs. « On peut se demander si cette forte
attractivité vers les zones commerciales de
Caen est à l’origine du sous-équipement de
Falaise ou l’inverse ? questionne-t-il. Il y a
sans doute un peu des deux ».
Des pistes
Aujourd’hui, l’enjeu principal de la zone de
chalandise de Falaise est donc de parvenir à
créer, au niveau commercial, un ancrage territorial
plus fort, de sédentariser ses consommateurs. « À court terme, cela passe par un
renforcement de l’équipement commercial,
estime Benjamin Crikelaire. Il faut parvenir à
créer progressivement de nouveaux commerces
sans déstabiliser ceux qui existent déjà
afin de créer des habitudes de consommation ».
Pour cela, il évoque l’aspect qualitatif de
l’offre, la profondeur de gamme ou encore les
marchés de niche sur lesquels les créateurs
peuvent s’appuyer. Autre piste : « le tourisme
de proximité », qui pourrait comme à Bayeux
par exemple, créer un effet de « shopping-promenade». Une carte qui nécessite « un
travail de marketing territorial sur le long
terme ». Mais qui pourrait s’avérer payante.
Contact CCI
Benjamin Crikelaire
au 02 31 54 55 60
ou bcrikelaire@caen.cci.fr
AVRIL 2012
MAI 2012
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier