
N° 151
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
Réputée pour sa vaisselle et ses couverts, l’entreprise viroise Guy Degrenne ne se cantonne plus à la table. Son savoir-faire du travail de l’acier sert aussi l’aéronautique, le médical, l’agro-alimentaire…

« Guy-Degrenne réalise aujourd’hui de nombreux articles pour l’industrie aéronautique, médicale,
l’électro-ménager professionnel… », explique Stéphane Zanchet, Directeur Industriel du groupe.
Stéphane Zanchet n’est pas très enclin à parler de lui. Le groupe
Guy-Degrenne, dont il assure la direction industrielle, “c’est un
ensemble de personnes”, pose-t-il de prime abord. Une équipe,
qui l’a séduit lorsqu’il a accepté, en 2000, de mettre ses compétences
au service de cette référence des arts de la table. “Les salariés
ont toujours été, quel que soit leur domaine, très attachés à l’entreprise ». C’est d’ailleurs pour eux qu’il a postulé au label “Entreprise
du patrimoine vivant” (lire encadré). Pour qu’ils se sentent reconnus,
offi ciellement et à leur juste valeur. “Emboutisseurs, graveurs, polisseurs,
tous ces métiers porteurs de savoir-faire ont fait la renommée de
l’entreprise et sont, encore aujourd’hui, son patrimoine génétique.”
Puis, doucement, il y vient. “Je suis un catalyseur”, admet-il tout de
même. Le terme est choisi pour cet homme qui a passé vingt ans au
service de l’industrie automobile. Un catalyseur permet d’accélérer
une réaction chimique. Lui agit depuis 10 ans sur la diversification de
ce groupe de 1 100 salariés, tous sites confondus. “A Vire, ils regardaient
déjà, depuis les années 92-93, vers d’autres marchés, mais de manière
timide encore à l’époque”, explique-t-il. Aujourd’hui, les activités de
sous-traitance industrielle représentent environ 50 % de l’activité des
usines et 25 % du chiffre d’affaires du groupe sur l’exercice 2009. Si la
marque est particulièrement connue pour ses traditionnels couverts
en acier inoxydable, Stéphane Zanchet a su vendre les compétences
de l’entreprise liées à l’acier à d’autres industriels, dans des domaines
aussi variés que l’aéronautique, l’agro-alimentaire, le nucléaire, le ferroviaire,
le médical... “Nous fabriquons, par exemple, des appareillages
de stérilisation pour des chirurgiens dentistes ou des petits contenants, accueillant
des résidus de Plutonium, pour la Cogema. Nous sommes aujourd’hui
reconnus par de grandes références, dont de nombreux Allemands”, précise-t-il, non sans fierté.
Son autre marotte, c’est l’organisation du travail. Après sa formation d’ingénieur,
il a suivi un cycle de gestion de techniques organisationnelles. Pendant
dix ans, il accompagne les modifi cations d’organisations de l’industrie automobile. “C’était l’époque de l’influence japonaise, des méthodes Kaizen (1),
Hoshin (2) et du lean manufacturing.” A son arrivée dans le groupe il a joué de
son expérience et réorganisé, notamment, la production de couteaux, éclatée
entre deux sites, l’un à Sourdeval et l’autre en Finlande. “Ces deux unités utilisaient
des procédés de fabrication différents mais suffisamment proches pour
fusionner. Beaucoup pensaient que cela était impossible. Et finalement, nous
y sommes parvenus. Nous avons conservé les méthodes les plus modernes de
chacun des systèmes et rapatrié l’ensemble, sur le site de Vire.” Il s’appuie sur
les forces existantes et trace la ligne à suivre. Il y croit et cela fonctionne. Il mise
sur les techniques de pointes, autant pour la production
des couverts que de produits de diversification. “Nous utilisons, par exemple, la découpe au laser
pour réaliser une petite série de couverts très haut de
gamme. Une technique dont nous n’aurions pas pu
disposer si nous n’avions pas eu à la développer pour
un fabriquant de matériel électro-ménager. Question
de rentabilité.” Aujourd’hui, en dépit des diffi cultés
économiques que rencontre le groupe, il a confiance
dans le potentiel et le savoir-faire de l’entreprise. “Les
actionnaires aussi”, précise-t-il.
(1) C’est le nom d’une méthode de gestion de la productivité et de la
qualité, basée sur la notion d’amélioration continue.
(2) La méthode Hoshin permet à l’entreprise de réorganiser ses moyens
de fabrication pour les rendre modulaires et flexibles .
Labellisée “Entreprise du patrimoine vivant”
Guy-Degrenne a reçu le label « Entreprise du patrimoine vivant » en mars dernier. Ce label est une marque du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Il a été mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. “C’est une reconnaissance de toutes les évolutions des procédés de fabrication. Car nous avons à la fois conservé les savoir-faire et adapté les métiers aux nouvelles technologies”, explique Stéphane Zanchet, Directeur Industriel du groupe. Une reconnaissance officielle d’une notoriété populaire pour cette entreprise créée en 1948.
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Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier