
N° 151
Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie
Les entreprises sont de plus en plus sollicitées pour accueillir des jeunes stagiaires. Elles sont, en effet, amenées à collaborer de manière croissante avec le monde de l’enseignement. La CCI de Caen et le Rectorat ont donc organisé, du 26 avril au 28 mai, des soirées-club dans les lycées, pour permettre aux deux univers de mieux s’appréhender.

Des jeunes en formation professionnelle
motivés, des chefs d’entreprise et des enseignants
de bonne volonté. Le débat s’est
ainsi ouvert entre ces trois parties, dans
une ambiance conviviale, lors des six soirées
clubs organisées conjointement par la
CCI et le Rectorat.
À entendre les chefs d’entreprise ayant
déjà accueilli des jeunes, ces derniers semblent
très bien s’intégrer. « Certains ont
même des difficultés à repartir à l’école »,
confie l’un d’eux. Du côté des jeunes,
lorsque l’accueil est bon, l’expérience leur
apporte beaucoup. « L’entreprise est un
outil de formation qui nous aide à avancer,
témoigne un élève du lycée Louis Liard à Falaise. Pour ma part, j’ai fait un premier
stage de 15 jours qui m’a conforté dans ma
voie professionnelle ». C’est aussi un bon
moyen de prendre confiance en soi. « Si,
en intégrant une société, vous êtes bien
encadré, vous avez l’impression d’être
utile et de connaître des choses. C’est très
valorisant », renchérit sa voisine. Mais
toutes les expériences ne sont pas toujours
aussi enrichissantes. « Il arrive que durant
certains stages, notamment lorsqu’ils sont courts, nous n’ayons rien à faire. Et
c’est très désagréable, nous avons l’impression
de perdre notre temps », lance
un étudiant. Des situations qui tendent à se raréfier, par la prise de conscience
croissante des chefs d’entreprise. « Il
est en effet important de recevoir les
jeunes dans de bonnes conditions et de
leur confier de véritables missions. Nous
n’accueillons pas les stagiaires pour arroser
les plantes », confirme l’un d’eux.
Une responsabilité de formation rappelée
par les professeurs « Dans le cas de
BTS ou de bac pro, les stages permettent
de valider une partie du diplôme. C’est
une mission que les employeurs doivent
vraiment prendre au sérieux ».

Et pour cela, considérer qu’ils ont aussi un intérêt à prendre des stagiaires. « C’est du temps, c’est vrai. Mais c’est aussi un oeil neuf et l’opportunité d’un partage réciproque de connaissances », confirme une jeune responsable. En bref, une relation où les deux parties peuvent s’enrichir. Si les chefs d’entreprise le reconnaissent, ils s’accordent également pour dire que, souvent, les recherches de stages ne sont pas assez soignées, ni vraiment ciblées.

« Généralement nous avons des étudiants qui nous appellent et nous demandent si nous prenons des stagiaires, sans préciser quel type de stage ils souhaitent, ni dans quel objectif ? », témoigne un entrepreneur. Une première approche peu travaillée, souvent révélatrice d’une préparation générale insuffisante. Pour les jeunes, décrocher un premier stage tient du défi. Plutôt courageux, ils inondent les boîtes aux lettres des entreprises correspondant à leur formation. En retour, le taux de réponses positives frise à peine les 10 %. « Normal, répondent les employeurs, lorsqu’ils postulent nous aimerions des approches où sont présentés les objectifs qu’ils veulent atteindre durant le stage, les connaissances qu’ils souhaitent mettre en application par exemple. Et ensuite, nous attendons qu’ils connaissent l’entreprise chez qui ils postulent, son activité, voire ses clients. » De telles demandes auront certainement besoin d’être moins nombreuses justifient-ils. Mais cette démarche requiert une bonne information et un minimum de curiosité sur le secteur. « Il faut consulter la presse spécialisée et la presse locale, glissent certains professeurs. Il y a des CDI (Centres de Documentation et d’Information) dans les établissements qui mettent à disposition la plupart de journaux nécessaires ».

Autre point soulevé par les entreprises : l’organisation cyclique des stages. « Le tissu local est souvent trop restreint pour accueillir une promotion de 30 stagiaires. Peut-être qu’il serait intéressant de prendre en compte cette variable là pour que nous puissions soigner l’accueil des stagiaires », conclut un chef d’entreprise. Histoire que les efforts soient répartis des deux côtés de la balance.
Contact CCI
Christophe Guillouet
au 02 31 54 54 92
ou cguillouet@caen.cci.fr

Une année sous le signe des
jeunes et de l’entreprise
La CCI a placé l’année 2010 sous le signe des jeunes et de
l’entreprise, dans l’objectif de rapprocher les deux mondes.
Une série de six opérations(1) a été organisée dans lesquelles
s’inscrivent les soirées clubs. Accueillies par les lycées, ces
soirées-débats permettent aux jeunes et aux enseignants de
dialoguer avec des chefs d’entreprise. Les sujets et questionnements
ont principalement porté sur les stages et le regard
de chacun sur le monde de l’autre.
(1) Mini entreprise, activité comparée (2 entreprises, 2 lycées), enquête des jeunes auprès des dirigeants, participation au salon Planète Créa, stage « 3 jours pour entreprendre », formation pour les professeurs à la CCI et les soirées des Clubs CCI Territoires.

Des chefs
d’entreprise
Selon l’enquête réalisée par le lycée
Camille Claudel de Caen et la CCI
de Caen, dans le cadre des actions « les jeunes et l’entreprise », les
chefs d’entreprise, majoritairement
des TPE (moins de 10 salariés),
estiment que ces stages leur
apportent principalement un nouveau
regard et une aide pour leurs équipes. Ils avouent cependant
considérer parfois cela comme un
inconvénient. Le stagiaire devant
en permanence être accompagné.
C’est pourquoi ils attendent des
jeunes une grande motivation,
rigueur, assiduité et persévérance.
ENTREPRISES
. Cercle Entreprendre
. « Speed Dating » Bancaire
. Atelier thématique
. Clubs CCI Territoires
INDUSTRIE
. Atelier document unique d’évaluation des risques
. « 90 minutes pour tout savoir »
AVRIL 2012
MAI 2012
Publication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen
Directeur de la Publication : Michel Collin -Rédacteur en Chef : Anne-France Aumond-Gautier