Avril 2012

N° 151

Le magazine de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie

Enquête

La « terre du cheval » à l’assaut du marché mondial
n° 133 / Juin 2010

La Basse-Normandie est traditionnellement la région du cheval qui héberge depuis 2005 le Pôle de compétitivité Filière équine, unique en France, renforçant ainsi son positionnement en termes de recherche et développement. En 2014, la Basse-Normandie sera la terre d’accueil des Jeux Equestres Mondiaux, une formidable opportunité de confirmer sa position de leader sur le plan international.

 

Plus de 4 000 manifestations équines ont lieu chaque année en Basse-Normandie.

 

Dans quatre ans, au nom de la France, la Basse-Normandie accueillera les Jeux Equestres Mondiaux, « le plus grand événement de la famille équestre », souligne Dobrina Perrody, chef de projet Normandie 2014. Et pour cause. Outre les 460 millions de téléspectateurs qui ont suivi l’événement en 2006 depuis leur petit écran, les Jeux organisés à Aix-la-Chapelle cette année-là ont rassemblé 800 compétiteurs de 61 nations du monde et 560 000 spectateurs en 15 jours…
Avant la Normandie 2014, c’est Lexington, dans le Kentucky (USA), qui accueillera les jeux du 25 septembre au 10 octobre prochain. Invitée en tant que région organisatrice, la Basse-Normandie sera présente au sein du Pavillon international et organisera trois missions durant les jeux (lire ci-dessous). La mobilisation régionale est en marche pour faire du grand rendez-vous de 2014 la vitrine internationale de la filière équine française.
« Au-delà de l’événement sportif, les Jeux équestres mondiaux sont l’occasion de consolider l’ensemble des axes de la filière, insiste Philippe Bonneau, Vice-Président de la Région, en charge des enjeux et des politiques de la filière équine. Celle-ci est déjà reconnue pour son excellence dans les domaines de l’économie, de la recherche, du sport… En Basse-Normandie, elle représente 620 millions d’euros de flux économiques et 10 000 emplois directs. Nous avons quatre ans pour convertir les chantiers à mettre en place en investissements durables pour l’avenir. »

 

En 2014, l’épreuve d’endurance se déroulera les 26 et 27 août entre le Haras-du-Pin et le Mont-Saint-Michel.

 

La meilleure écurie du monde


La Basse-Normandie affiche une position de leader au niveau national. En effet, elle est la première région d’élevage en France avec 10 000 naissances par an et 8 529 éleveurs sur son territoire. La qualité du savoir-faire basnormand en terme d’élevage et d’entraînement est une réalité incontestable puisque 14 des 15 meilleurs éleveurs de trot français sont bas-normands. Par ailleurs, parmi les 90 meilleurs éleveurs de chevaux de sport recensés en France, 42 sont bas-normands. Ainsi, près de la moitié des chevaux gagnants en courses et en sports équestres sont nés, élevés et valorisés en Basse-Normandie.

 

Visite de l’Institut de Pathologie du Cheval organisée en mars 2010 par le Pôle
de compétitivité Filière Equine pour les équipes universitaires bas-normandes.

 

L’activité équine valorise à elle seule plus de 240 000 hectares soit 14 % du territoire de la région. Par ailleurs, la Basse-Normandie est aussi la 1ère région de compétition où s’organisent environ 2 800 épreuves par an.


10 000 emplois et un impact économique réel


La filière équine représente en Basse-Normandie près de 10 000 emplois, soit 12% de l’emploi national de la filière, en croissance de 2 % par an depuis plusieurs années. L’ensemble des métiers du cheval est représenté : éleveurs, entraîneurs, propriétaires, jockeys, carrossiers, fabricants de matériels d’attelage ou de sellerie, de charpente, d’aliments pour chevaux, maréchaux-ferrants, ostéopathes et étiopathes, transporteurs ainsi que tous les métiers liés aux haras. A titre d’exemple, les trois premières entreprises de production de vans sont basnormandes et occupent une position de leader sur le marché européen. L’importance des surfaces utilisées (prairies, terrains d’entraînement, abords des haras, bâtiments) dynamise toute l’économie de services d’entretien lié - entreprises paysagères, construction et entretien de bâtiments, clôtures, sols – qui profitent aux artisans. Autres industries non directement liées au cheval, mais qui en bénéficient : le tourisme, l’hébergement-restauration lié aux courses, aux loisirs équestres et plus globalement à l’attractivité touristique du territoire.

 

Le laboratoire Frank Duncombe réalise 250 000 analyses par an.
C’est le 1er laboratoire français et le 2nd européen en nombre d’analyses équines.

 

Des sites de renommée internationale


La Basse-Normandie dispose aussi d’infrastructures de premier plan pour la filière : deux haras nationaux - Saint-Lô et Le Haras du Pin - et le centre de promotion de l’élevage, le centre d’entraînement de France Galop et l’établissement des ventes de Deauville, 31 hippodromes (dont Deauville, Cabourg et Caen) et un aéroport spécialisé à Deauville Saint-Gatien.


Une recherche de pointe


L’Institut de Pathologie du Cheval, à Dozulé-Goustranville, accueille le CIRALE (Centre d’Imagerie et de Recherche sur les Affectations Locomotrices Equines - Département de l’école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort) qui comprend des équipements de pointe en matière d’imagerie médicale ainsi que des outils de recherche en pathologie équine. Il abrite également l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), établissement de recherche et d’appui scientifique et technique dont les missions se concentrent sur le diagnostic et la prévention des maladies infectieuses et parasitaires des équidés. L’AFSSA joue d’ailleurs un rôle d’observatoire national des maladies équines en partenariat avec le Réseau d’Epidémio-surveillance en Pathologie Equine (RESPE) basé également en Basse-Normandie. Ce réseau est composé de vétérinaires sentinelles chargés de repérer et faire remonter au RESPE les suspicions de maladies équines, en particulier celles qui ont une contagiosité importante.


36 projets labellisés


Situé à Caen, le laboratoire Frank Duncombe est le 1er laboratoire français et le 2nd européen en nombre d’analyses équines (250 000 par an). Certains clients viennent de très loin, attirés pour l’excellente réputation du laboratoire : les Ecuries royales du Maroc, les haras des Emirats Arabes, la Nouvelle-Calédonie, la Réunion… L’étude des maladies actuelles et des pratiques d’élevage « de qualité » font l’objet de collaborations scientifiques internationales, notamment avec l’université de Lexington, partenaire du Pôle de compétitivité. Ce dernier s’est engagé depuis 2006 à maintenir et développer un niveau d’excellence international en matière de recherche sur les thématiques de santé et performance du cheval pour appuyer directement une production de chevaux de haut niveau. 36 projets labellisés ont été lancés dont une vingtaine de R&D pour un montant de 22 millions d’euros. En 2008, le Pôle de compétitivité Filière Equine a été retenu parmi les 39 pôles les mieux classés en France.

Pôle de compétitivité Fillière Equine
23, rue Pasteur
14120 Mondeville
au 02 31 27 10 10 ou contact@pole-filiere-equine.com

 

 

La Basse-Normandie s’exporte à Lexington
Invitée en tant que région organisatrice aux Jeux Equestres Mondiaux à Lexington, la Basse-Normandie a décidé d’embarquer avec elle les représentants de la filière équine. Trois missions sont organisées du 3 au 10 octobre 2010. La première, pilotée par le Conseil des Chevaux de Basse-Normandie, concerne les professionnels de la filière équine et vise à développer les échanges commerciaux, notamment la vente de chevaux français auprès des acheteurs américains. Les deux autres missions sont conduites par le Pôle de compétitivité Filière Equine. La mission export, organisée en partenariat avec Ubi France et CCI International, proposera aux entreprises industrielles ou de service de la filière de découvrir le marché américain (9,2 millions de chevaux) et ses innovations. La troisième mission, de plus courte durée, mobilisera les chercheurs bas-normands et a pour but de renforcer le partenariat existant depuis 2006 entre le Pôle de compétitivité Filière équine et le cluster équin basé au Kentucky (Etats-Unis).

 

 

Les « futurs cracks » se vendent à Deauville

 

 

À Deauville, les ventes de yearlings attirent des acheteurs du monde entier ; en août, pour les pur-sang et en septembre, pour les trotteurs. Ces périodes sont l’occasion de grands rassemblements d’éleveurs et de potentiels acheteurs mais c’est également tout au long de l’année que la société Arqana contribue à la mise au marché de la production régionale : plus de 4 000 chevaux sont ainsi proposés au feu des enchères chaque année. 90% des acheteurs sont étrangers et ils vont s’arracher à coups de dollars, d’euros, de yens ces « futurs cracks ». Deauville se situe également parmi les premiers sites en France par le nombre de jours de courses et accueille des manifestations hippiques internationales de premier plan : concours hippique, tournoi de polo…

 

 

Repères
La concentration exceptionnelle d’élevages, la présence d’un tissu culturel et économique et d’une gamme complète des produits et services liés au cheval font de la Basse-Normandie la « terre du cheval » par excellence.
- 60 000 chevaux, 9 000 élevages et 10 000 naissances par an (1ère région française d’élevage)
- 620 millions d’euros de chiffre d’affaires
- 10 000 emplois générés par la fi lière
- 14 346 licenciés et 237 centres équestres
- 228 cavaliers professionnels, dont plusieurs champions olympiques
- 2 250 chevaux de course vendus chaque année à Deauville
- 4 000 manifestations équines chaque année
- 31 hippodromes, 2 haras nationaux (Saint-Lô et Le Haras du Pin)
- 172 000 hectares de surfaces agricoles dédiées au cheval

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